Immobilier : garder son ancien crédit pour acheter un nouveau bien, la solution de la Fnaim pour relancer les ventes
09/05/2024La Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) propose une mesure pour dynamiser le marché immobilier. Les propriétaires qui souhaitent changer de bien pourraient réutiliser leur crédit existant lors de l’achat de leur propriété actuelle pour acheter un nouveau bien, au lieu d’en contracter un nouveau. Cette initiative permettrait aux acquéreurs de continuer à bénéficier de crédits à des taux inférieurs à 2%. La Fnaim suggère également la mise en place de la transférabilité des crédits, autorisant ainsi les vendeurs à transmettre leur ancien crédit avantageux aux acheteurs potentiels. Ce mécanisme viserait à soutenir les primo-accédants confrontés à la hausse des taux immobiliers et relancerait les transactions dans le secteur.
Un marché immobilier impacté par des taux de crédit élevés
Les taux des crédits immobiliers ont augmenté, diminuant le pouvoir d’achat des emprunteurs de 15% en deux ans selon la Fnaim. Malgré une baisse récente du taux moyen à 3,99%, la production de crédit a chuté de 40 % et les ventes immobilières ont baissé de 22% en 2023. Cette situation a conduit certains propriétaires à hésiter à vendre leur bien pour en acheter un autre avec un taux plus élevé.
Les banques s’opposent à cette mesure
Les banques critiquent fortement la proposition de transférer des crédits immobiliers à 4%. Elles estiment que cette idée aurait plus d’inconvénients que d’avantages, surtout en raison de sa complexité. Elles craignent une diminution de leurs revenus si cette mesure était adoptée, car elles cherchent à compenser l’augmentation de leurs charges en augmentant les marges sur les crédits immobiliers. De plus, elles redoutent que ce dispositif négatif ne leur permette pas de contracter de nouveaux crédits à un taux avantageux et qu’il puisse également modifier leurs modèles de financement pour faire face aux risques accrus.
Une mesure réalisable ?
Les courtiers remettent en question la faisabilité de la mesure proposée pour permettre aux emprunteurs de réutiliser leur crédit immobilier. Ils soulignent que cette possibilité doit être clairement stipulée dans le contrat initial, ce qui pourrait nécessiter des modifications complexes des contrats commerciaux existants. De plus, il est peu probable qu’un prêt puisse être directement transféré d’un vendeur à un acheteur en raison des critères spécifiques liés à l’éligibilité du contractant et de l’assurance-crédit associée. Malgré les doutes exprimés par les professionnels, certains estiment que cette réforme pourrait concerner 10 à 15% des transactions immobilières, ce qui serait positif pour le marché.
Journaliste spécialisée en économie et finance, je décrypte depuis plus de vingt ans les enjeux économiques mondiaux pour un public exigeant. Mon parcours m’a conduite à collaborer avec des publications de renom, où j’ai analysé les marchés financiers, les politiques monétaires et les tendances macroéconomiques.
