Le rachat de SGEF par le groupe BPCE : une stratégie affirmée à l’international
15/05/2024Le groupe mutualiste BPCE a signé un protocole d’accord pour acheter à la Société Générale sa filiale spécialisée dans le crédit-bail international. Cette transaction s’élève à 1,1 milliard d’euros et souligne l’ambition du groupe de devenir un leader des services financiers en Europe. La reprise des activités de la Société Générale Equipement Finance (SGEF) par BPCE est considérée comme une opération significative, car elle représente la plus grosse opération de croissance externe du groupe depuis 2009.
La cure d’amaigrissement que s’impose la Société Générale pour redresser sa rentabilité est également confirmée par cette décision. En effet, l’opération témoigne non seulement d’une bonne rentabilité de l’activité visée, mais aussi des ambitions expansionnistes du groupe mutualiste dans le domaine financier. De plus, le président du Directoire de BPCE doit présenter le nouveau plan stratégique du groupe prochainement, ce qui atteste de l’envergure et de l’importance accordées à cette acquisition pour l’avenir du groupe.
Orientations vers l’étranger
La transaction concerne des activités à l’international, dans 25 pays, avec l’Allemagne et l’Italie comme principaux marchés, et l’Espagne et le Royaume-Uni comme marchés à plus forte croissance. Cette opération devrait faire de BPCE le leader européen du leasing de biens d’équipement, devant BNP Paribas et Rabobank, sur un marché dont la croissance est estimée à 6 % par an. BPCE est déjà numéro un du marché en France, via sa filiale BPCE Leasing.
Au total, la reprise concerne 15 milliards d’euros d’encours de crédit (soit 8 milliards d’euros d’encours pondérés par les risques), soit un impact négatif de 0,4 points de pourcentage sur les fonds propres de BPCE. Autant dire une piqûre de mouche quand le groupe affiche, malgré une année difficile en 2023, un ratio de solvabilité CET 1 de plus de 15%.
Banques : deux stratégies différentes
La fusion entre BPCE et Société Générale répond à deux stratégies différentes. Pour BPCE, l’objectif principal est la conquête et la croissance, en particulier à l’international. Cela fait suite au départ inattendu de leur précédent dirigeant, en décembre dernier. Nicolas Namias, nouveau président du directoire, insiste sur l’importance de cette acquisition pour concrétiser les ambitions de développement en Europe. De son côté, Société Générale poursuit une cure d’amaigrissement mise en place par le nouveau directeur général dans le cadre d’un plan stratégique axé sur le contrôle des coûts et la concentration du capital sur des métiers prioritaires.
Cette opération représente donc un tournant majeur pour BPCE qui vise une expansion internationale ainsi que la diversification de ses revenus. En revanche, pour Société Générale, il s’agit plutôt d’une consolidation interne avec un recentrage sur des activités jugées prioritaires telles que le leasing automobile.
En résumé :
- BPCE : Conquête internationale et croissance sous l’impulsion de Nicolas Namias.
- Société Générale : Cure d’amaigrissement axée sur le contrôle des coûts et la priorisation des activités comme le crédit-bail professionnel.
Clôture début 2025
La banque a annoncé plusieurs cessions d’actifs, notamment en Afrique dans la banque de détail. La SGEF fait partie des actifs à céder, tout comme certaines activités qui ont déjà été vendues en 2020. D’autres cessions devraient suivre, notamment l’activité titres (SGSS). Les discussions entre les deux groupes ont débuté à l’automne dernier et le transfert des salariés est prévu pour le premier trimestre 2025.
Journaliste spécialisée en économie et finance, je décrypte depuis plus de vingt ans les enjeux économiques mondiaux pour un public exigeant. Mon parcours m’a conduite à collaborer avec des publications de renom, où j’ai analysé les marchés financiers, les politiques monétaires et les tendances macroéconomiques.