Comment encadrer l’implantation des cabines de téléconsultation médicale : perspectives et régulations
11/01/2024La Haute Autorité de santé (HAS) a émis des recommandations sur l’implantation des cabines de téléconsultation, soulignant la nécessité d’un cadre réglementaire. Ce mode de consultation médicale à distance a pris de l’ampleur depuis la pandémie, notamment dans les zones où l’accès aux soins est difficile. Des start-up ont développé des applications et des cabines équipées d’objets connectés pour faciliter ces consultations. Bien que représentant une petite part des consultations médicales remboursées par l’Assurance Maladie, leur expansion suscite des débats au sein de la communauté médicale.
Agrément à venir
Les pharmacies offrent des services d’assistance à la téléconsultation pour attirer les clients après une consultation en ligne. En 2022, plus de 2 000 pharmacies ont proposé ce service, et l’année dernière, plus de 1 200 pharmacies se sont équipées pour cela. Les entreprises de téléconsultation devront obtenir un agrément ministériel cette année, mais il n’y a pas encore de règles claires sur l’implantation des télécabines. Ce sujet est souvent débattu mais reste sans réglementation précise pour le moment.
Nouveaux lieux de rencontre et de shopping
L’Assurance Maladie a critiqué l’installation de bornes de téléconsultation dans des endroits inappropriés pour la pratique médicale, comme les supermarchés ou les gares. Elle souhaite interdire ces installations dans des locaux commerciaux qui ne sont pas utilisés par des professionnels de santé. La SNCF projette de créer des « espaces de santé » dans près de 300 gares d’ici à 2028, en partenariat avec la société Loxamed. Cette initiative a été vivement critiquée par l’Ordre des médecins et le syndicat de généralistes libéraux MG France, qui craignent un détournement des professionnels de santé et un mésusage des fonds publics. En revanche, Michel-Edouard Leclerc a salué cette initiative et envisage une offre similaire dans ses grandes surfaces.
Débat inutile
L’intervention de la HAS est en cours de consultation jusqu’au 22 janvier. La HAS ne préconise pas explicitement d’éviter les télécabines dans les gares, les supermarchés ou les centres commerciaux. Le LET salue un document positif et nuancé et met en garde contre le « faux débat ». Selon son dirigeant, Jean-Pascal Piermé, l’installation d’une télécabine à proximité d’une pharmacie, dans un centre commercial ou une gare n’est pas un problème.
Responsable de la téléconsultation
La Haute Autorité de Santé souhaite que les équipements de téléconsultation soient opérationnels en présence d’une personne responsable non nécessairement un professionnel de santé. Cette personne devrait être formée, facilement identifiable et accessible pendant toute la durée d’ouverture de l’équipement. Cependant, cette recommandation pourrait limiter l’installation des télécabines en dehors des pharmacies.
Certains aspects des propositions soumises par la HAS suscitent des réserves chez les spécialistes de la téléconsultation. Par exemple, la régulation de l’implantation à l’échelle du territoire pourrait entraver l’installation des cabines de téléconsultation. La HAS suggère que les acteurs qui installent ces équipements le fassent en concertation avec les acteurs locaux concernés, y compris les professionnels de santé et l’Agence régionale de santé.
Les discussions avec la HAS vont se poursuivre avant la publication des recommandations définitives. Il reste à voir comment le ministère de la Santé et le législateur prendront en charge ces recommandations pour leur mise en œuvre.
Journaliste spécialisée en économie et finance, je décrypte depuis plus de vingt ans les enjeux économiques mondiaux pour un public exigeant. Mon parcours m’a conduite à collaborer avec des publications de renom, où j’ai analysé les marchés financiers, les politiques monétaires et les tendances macroéconomiques.