Dans le Golfe, Macron obtient des Émirats et de Bahreïn la mise à disposition de 200 000 tonnes de diesel par mois
20/10/2026En déplacement dans le Golfe, Emmanuel Macron a obtenu des Émirats arabes unis et de Bahreïn des engagements portant sur 200 000 tonnes de diesel par mois destinées au marché français. Chaque pays doit contribuer à hauteur de 100 000 tonnes, selon l’Élysée. Ces volumes s’ajoutent aux 95 000 tonnes libérées par l’Arabie saoudite pour octobre et novembre, un apport temporaire qui porte à 295 000 tonnes les quantités annoncées pour cette période.
Dans un contexte de tensions au Moyen-Orient et de perturbations du trafic dans le détroit d’Ormuz, cet accord vise à sécuriser l’approvisionnement énergétique de la France. L’Élysée estime que les volumes cumulés représentent environ 10 % de la consommation française de diesel, sans toutefois chiffrer leur effet sur les prix à la pompe. Les livraisons mensuelles doivent être acheminées et achetées par TotalEnergies, tandis qu’un accord avec la société bahreïnienne Bapco est attendu.
Diesel : 200 000 tonnes par mois obtenues auprès des Émirats et de Bahreïn
Les engagements annoncés répartissent l’effort entre les deux partenaires du Golfe : 100 000 tonnes mensuelles fournies par les Émirats arabes unis et autant par Bahreïn. Il s’agit de volumes supplémentaires destinés au marché français, dans un pays qui importe une part importante du diesel qu’il consomme.
Ces annonces interviennent au terme des premiers entretiens de Macron dans la région. Après le Koweït et les Émirats, le président devait se rendre à Bahreïn puis au Qatar. Les détails des engagements ont également été rapportés dans le compte rendu de BFMTV et celui du Figaro.
TotalEnergies au centre de l’acheminement des hydrocarbures
TotalEnergies doit assurer le transport des volumes et leur achat pour les mettre sur le marché. Son dirigeant, Patrick Pouyanné, a souligné que la France présente un déficit de diesel et demeure un grand importateur. La sécurisation des cargaisons répond donc d’abord à un enjeu de disponibilité, avant de constituer une garantie sur l’évolution des tarifs.
Un accord entre TotalEnergies et Bapco devait être signé à Bahreïn le jour de l’annonce. Pour les distributeurs et les entreprises fortement dépendantes du gazole, la régularité des arrivages compte autant que le tonnage : elle réduit le risque de tensions sur l’offre, sans supprimer l’exposition aux fluctuations des cours internationaux.
Approvisionnement énergétique : un apport significatif, mais un effet sur les prix encore incertain
Les 95 000 tonnes déjà libérées par l’Arabie saoudite concernent uniquement octobre et novembre. Elles ne constituent donc pas un engagement mensuel durable comparable aux volumes annoncés par les Émirats arabes unis et Bahreïn. Pour ces deux mois, les quantités cumulées annoncées atteignent 295 000 tonnes, soit environ 10 % de la consommation française selon l’Élysée.
La présidence n’a pas avancé de baisse précise des prix à la pompe. Une offre plus abondante peut contribuer à atténuer les tensions, mais le coût final dépend aussi des cours du pétrole, du raffinage, du transport et des conditions d’assurance. Cette relation entre tensions régionales et prix à la pompe est détaillée dans cette analyse sur les effets du conflit au Moyen-Orient sur les carburants.
- Émirats arabes unis : 100 000 tonnes de diesel par mois annoncées.
- Bahreïn : 100 000 tonnes supplémentaires par mois.
- Arabie saoudite : 95 000 tonnes libérées pour octobre et novembre seulement.
- TotalEnergies : opérateur chargé d’acheter et d’acheminer les volumes concernés.
La tournée présidentielle s’inscrit aussi dans une démarche plus large de coopération énergétique. Les perturbations dans le détroit d’Ormuz compliquent le passage des méthaniers et renchérissent les assurances maritimes ; Macron travaille avec les dirigeants de la région à réduire ces coûts. Le contexte de guerre pèse également sur les exportations de gaz du Qatar, tandis que Bahreïn a été visé par des frappes iraniennes. Pour la France, ces accords apportent un relais d’approvisionnement, mais la stabilité des flux dépendra aussi de la sécurité des routes maritimes.
La coopération énergétique au-delà des livraisons mensuelles
Le diesel constitue le volet le plus immédiatement quantifiable de la visite, mais les discussions portent également sur les conditions d’acheminement des hydrocarbures. La réduction des primes d’assurance dans le détroit d’Ormuz pourrait alléger les coûts logistiques, alors que les attaques et les restrictions de navigation perturbent le commerce régional.
Le Qatar, important exportateur de gaz liquéfié, fait face à ses propres difficultés d’expédition. Les engagements de diesel et les échanges sur la sécurité maritime illustrent ainsi deux dimensions complémentaires : garantir des volumes disponibles à court terme et préserver les circuits de transport dont dépend l’approvisionnement énergétique européen.
Journaliste spécialisée en économie et finance, je décrypte depuis plus de vingt ans les enjeux économiques mondiaux pour un public exigeant. Mon parcours m’a conduite à collaborer avec des publications de renom, où j’ai analysé les marchés financiers, les politiques monétaires et les tendances macroéconomiques.